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HISTOIRES DE SUCCÈS
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La révolution de l’énergie de la peinture

Le monde de l’ingénierie environnementale tout entier est mobilisé. Il attend …. une technologie révolutionnaire promettant de convertir les vapeurs de peinture en énergie, qui est en cours de développement au complexe d’assemblage de Ford à Oakville. « C’est la technologie la plus écologique qui existe du point de vue du contrôle de la pollution atmosphérique et de la génération d’énergie, a affirmé Kit Edgeworth, responsable du projet de développement du système de conversion des vapeurs en piles à combustible. C’est un monde en soi, du niveau de Star Trek. »

M. Edgeworth a été muté, l’an dernier, du quartier général de Ford au Michigan à Oakville, pour superviser le processus expérimental, stimulé par un investissement du gouvernement de l’Ontario de 100 millions de dollars dans le complexe d’Oakville. « C’est un raisonnement réellement futuriste, a-t-il déclaré. S’il n’avait pas reçu l’argent du gouvernement, Ford aurait probablement attendu cinq ans avant de se lancer dans ce projet. Et il aurait pu être implanté ailleurs. »

L’enveloppe du gouvernement provincial pour le projet de conversion des vapeurs en piles à combustible s’inscrit dans le cadre de la Stratégie ontarienne d'investissement dans l'industrie automobile de l’Ontario, d’une valeur de 500 millions de dollars, qui devrait engendrer 10 fois ce montant en dépenses de la part de l’industrie automobile pour maintenir sa compétitivité à long terme. Cet objectif de financement a déjà été atteint chez Ford, qui a engagé 1 milliard de dollars pour élargir l’installation d’Oakville et la munir d’une usine d’assemblage souple capable de répondre aux demandes du marché ainsi que d’un centre de recherche et de développement axé sur la technologie des piles à combustible. Le projet de conversion des vapeurs en piles à combustible est la première initiative du centre.

Voici de quoi il s’agit. Les activités de peinture dans une usine d’automobiles dégagent ce que l’on appelle des composés organiques volatils (COV) ou vapeurs de combustion. Ces COV sont aussi produits dans diverses opérations de fabrication, des meubles aux étiquettes adhésives. En fait, tout procédé qui fait appel à de la peinture ou des solvants produit généralement des COV qui polluent l’atmosphère.

Jusqu’à maintenant, les usines d’automobiles éliminaient les COV en les brûlant dans des oxydants thermaux, sorte d’incinérateurs de gaz, à des températures pouvant atteindre 1 500 degrés. Toutefois, ces oxydants thermaux sont chers à construire, ils utilisent beaucoup d’énergie et émettent eux-mêmes du dioxyde de carbone et des oxydes d'azote, bien qu’en très petites quantités.

L’idée de Ford a été de capturer les COV, de les faire passer par quatre chambres de filtration, de les condenser et de les transformer en mélange d’hydrocarbures qui finira par devenir un carburant liquide riche en hydrogène qui sera introduit dans une pile à combustible pour produire de l’électricité. Si le processus réussit, il fournira de l’énergie qui servira au fonctionnement de l’usine tout en réduisant les gaz à effet de serre.

Ce qui est encore plus remarquable, c’est que le prototype de Ford se prête à des utilisations dans d’autres industries que l’industrie automobile. « On nous appelle du monde entier », affirme M. Edgeworth, en faisant visiter l’installation de conversion des vapeurs en piles à combustible, d’une surface de 10 000 pieds carrés, adjacente à l’atelier de peinture d’Oakville, à un groupe de visiteurs portant des casques de sécurité. Il a fallu environ six mois pour préparer l’ancien centre d’assemblage de deux étages à son nouveau rôle, depuis la Fête du Travail à peu près. Avant la fin de l’année, Ford espère produire de l’électricité à partir des COV grâce à un générateur traditionnel muni d’un moteur à combustion interne. L’innovatrice pile à combustible fera son apparition au début 2008. Elle devrait être en service avant la fin de l’année.

D’ici là, le complexe automobile d’Oakville sera l’« établissement le plus moderne du monde », selon M. Edgeworth. Pour autant qu’il sache, personne d’autre n’a poussé le concept de la transformation des vapeurs en piles à combustible à un stade aussi avancé. Des programmes d’ingénierie de plusieurs universités de l’Ontario veulent participer à la recherche. « Les gens font la queue pour participer », a renchéri M. Edgeworth.

À l’avenir, le concept de la transformation des vapeurs en piles à combustible, avec son émission minimale de gaz à effet de serre et sa consommation réduite d’énergie, pourrait remplacer les systèmes existants de contrôle de la pollution atmosphérique. « C’est une technologie si révolutionnaire que les systèmes actuels pourraient facilement devenir obsolètes, a fait observer M. Edgeworth, en ajoutant : c’est le meilleur système de conversion existant aujourd’hui, et il va continuer à s’améliorer. »

Grâce à l’investissement du gouvernement provincial et à la réponse de Ford, l’avenir du complexe d’assemblage d’Oakville semble assuré. « La vision du gouvernement a permis d’insuffler des années de vie dans cette usine, a ajouté M. Edgeworth. Elle deviendra une usine modèle, produisant une technologie bonne pour tout le monde et pour tout, même l’environnement. »

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